ÉCOLOGIE ET
AGRICULTURE

Agir pour une relation salutaire entre l’humain et le non humain

Agir pour une relation salutaire entre l'humain et le non-humain

La question de la production d’une économie viable répondant aux besoins des communautés humaines, tout en n’affectant pas négativement le biotope, est au cœur des préoccupations contemporaines.

Pour contribuer à assurer un mieux-être de la communauté en valorisant les pratiques locales qui permettent de penser une économie du vivant, respectueuse des milieux, des populations et de leurs cultures, la Fondation MAM a créé le Laboratoire Économie du vivant (LEV), a mené une étude de contre-cartographie du territoire de Grand Suza, de 2020 à 2024. Ce travail de recueil de données sur les questions du soin et du bien-être ainsi que sur les savoirs écologiques a été réalisé afin d’évaluer comment se construisent les chaînes de valeur locales et comment enchâsser l’économie dans le terroir de Grand Suza, afin de favoriser une économie circulaire qui réponde aux besoins des populations tout en préservant leur environnement.

À partir de ces travaux, la Fondation MAM a développé deux programmes : Green MAM et Clean Village.

Le programme Green MAM

Le programme Green MAM propose une approche autour de trois objectifs, alliant l’autonomisation des femmes,  la transition agroécologique et la valorisation économique. 

Les femmes produisent près de 70 % de l’alimentation en Afrique subsaharienne et jouent un rôle central dans la préservation des savoirs agricoles, le développement des pratiques durables.  Or, elles manquent souvent d’accès aux terres, aux financements et aux marchés. Renforcer leur pouvoir économique et décisionnel est essentiel pour assurer une agriculture durable et équitable.

Autonomisation et gouvernance collective

Les femmes sont organisées en coopérative agricole et sont appuyées par un comité de pilotage dont la Fondation MAM est membre.

Les femmes membres de la coopérative, les Green MAM, bénéficient sous forme d’usufruit de parcelles de terre (1 agricultrice = 1 hectare) appartenant à Marha Organic Farm – Fondation MAM, ainsi que d’outils agricoles et de matériel technique.

Il s’agit ici de s’enrichir mutuellement en partageant des connaissances pratiques et théoriques, qu’elles soient dites modernes ou traditionnelles, respectueuses de l’environnement ainsi que de pratiques agricoles durables (restauration des sols, polyculture, paillage et compostage…).

Des modules de formation en techniques de culture adaptées aux principes agroécologiques (biofertilisants, biopesticides…) et sur les outils numériques sont dispensés dans le cadre d’un accompagnement en entrepreneuriat rural (gestion d’une coopérative).

La valorisation des savoirs botaniques joue un rôle central dans le programme Green MAM. Au-delà de recenser et de préserver la biodiversité locale, l’herbier constitue une ressource essentielle pour les femmes agricultrices. La grainothèque favorise, quant à elle, l’autonomie semencière et la préservation des cultures locales.

Le programme Green MAM accompagne la transformation et la commercialisation durable des produits agricoles. Développer des infrastructures de transformation et structurer le réseau de distribution grâce à des partenariats, des participations à des salons et à des foires commerciales permettra de valoriser les productions locales, afin de faciliter l’accès aux marchés locaux et, ainsi, d’améliorer durablement le revenu des agricultrices. La création d’un label écoresponsable garantira l’authenticité et la qualité des produits.

Le programme : Clean Village

Le programme Clean Village propose une approche autour de trois objectifs, alliant
salubrité, sensibilisation et valorisation.

Salubrité et sensibilisation

Pour améliorer la salubrité de Grand Suza tout en créant des opportunités d’activités collectives et rémunératrices pour les jeunes du village, la Fondation MAM, en partenariat avec une entreprise spécialisée, pilote la commission Salubrité du village, qui a mis en place un système de gestion des déchets organisée autour de la collecte et du tri sélectif. Ce projet s’accompagne d’actions de sensibilisation auprès de la communauté et des établissements scolaires.

La valorisation des déchets, notamment plastiques, constitue une dimension innovante du projet qui transforme ces ressources souvent négligées en initiatives créatives de recyclage. Par exemple, l’artiste designer sénégalais Bibi Seck animera une résidence artistique et éducative sur le thème du recyclage et du design. Ces créations pourront être installées au sein du village de Grand Suza et à Douala à la Galerie MAM, mettant ainsi en lumière le potentiel des matériaux recyclés.